« Ce que j’ai vu est effrayant. Tout est pourri. » Ce lundi 3 septembre, l’Avenir annonce que le promoteur Stéphan Jourdain renonce à son projet de réhabilitation du château du Marteau-Longe à Arbre, et demande au Bourgmestre de Profondeville un arrêté de démolition du site pour insalubrité. Au passage, M. Jourdain s’estime ne pas être soutenu par les autorités et déclare qu’il est trop tard pour obtenir un permis et commencer les travaux avant l’hiver.

Par la voix de la première échevine Florence Lechat, Ecolo Profondeville ne peut que dénoncer un tel hold-up patrimonial. « Si l’état de délabrement avancé du château correspond à la description de M. Jourdain, ce dernier porte l’entière responsabilité de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour bâcher les bâtiments dont les toitures avaient été retirées par le propriétaire précédent. On ne peut dans le même temps évoquer l’urgence pour obtenir un permis et tout faire pour que le bâtiment tombe en ruines. »

Le propriétaire, qui confesse n’être plus venu sur le site depuis 2 ans et trouver le château « inintéressant à la base », a joué ces derniers temps un jeu de dupes avec le Collège. « Dépositaire de la sauvegarde de l’intérêt général, le Collège fait légitimement valoir une série de conditions pour l’octroi d’un permis, mais le promoteur s’est montré totalement hermétique à toute adaptation de son projet, souhaitant même obtenir une démolition partielle avant qu’un accord soit trouvé sur le projet futur. »

Aujourd’hui, les masques tombent : Monsieur Jourdain n’a probablement jamais eu pour but de valoriser Marteau-Longe. Il réalise une pure opération immobilière en dilapidant au passage ce qu’il considère sans doute comme une ruine gênante. « On ne peut pas lui laisser déclarer que c’est la Commune qui est responsable de ce désastre. »

Cet épisode en rappelle un autre, il y a exactement six ans où, à la veille des élections communales, le Bourgmestre Bailly signait l’arrêté de démolition de la Maison Blanche, à l’entrée de Profondeville, laissée là-aussi à l’abandon par un promoteur peu scrupuleux . « Ce n’est pourtant pas le lot d’une grande partie de nos villages, où le charme des vieilles pierres reste intact grâce à la volonté des habitants de l’entité, qui sont bien conscients, eux, que la qualité de la vie passe aussi par la valorisation des bâtiments anciens. Préserver notre patrimoine, c’est au final l’affaire de tous! » explique Bernard Dubuisson, l’ancien secrétaire de l’association Perles de la Meuse.

Il reste à espérer que le Bourgmestre ne cédera pas, comme son prédécesseur, à la pression du promoteur. Une visite des lieux réalisée en urgence ce lundi par les autorités communales devrait permettre d’évaluer ce qui peut être sauvé.

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